— Atelier
Trois gestes qui ne s'automatisent pas
Un mouvement visible ne pardonne aucune approximation. Voici les étapes qui occupent le plus de temps à l'atelier — et pourquoi elles se font encore à la main.
01 Anglage
Le fil de lumière
L'anglage consiste à abattre l'arête d'un pont à 45°, puis à la polir jusqu'à obtenir un reflet continu. Sur une ligne droite, une fraiseuse y parvient. Sur un angle rentrant — là où deux arêtes se rejoignent en pointe — aucune machine n'entre.
Le geste se fait au bois de gentiane et à la pâte diamantée, sous binoculaire. Un seul angle rentrant demande environ quarante minutes, et une erreur oblige à reprendre le pont depuis le début.
02 Décor
Côtes, perlage, cerclage
Les côtes de Genève sont des ondes parallèles tracées sur les ponts ; le perlage, une succession de disques concentriques appliqués sur la platine. Ces décors ne servent aucune fonction mécanique.
Ils remplissent en revanche un rôle précis : révéler le moindre défaut de planéité. Une surface mal préparée le montre immédiatement — le décor est autant un contrôle qu'un ornement.
03 Réglage
Cinq positions
Une montre ne marche pas à la même vitesse selon qu'elle repose à plat ou qu'elle pend au poignet : la gravité agit sur le balancier. Le réglage consiste à équilibrer ces écarts.
Chaque pièce est contrôlée dans cinq positions pendant sept jours. L'écart toléré est de −2 à +6 secondes par jour ; au-delà, le mouvement repart en réglage.
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Ces gestes se lisent directement sur les pièces de la collection.
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