Démarche
Peindre ce qui a résisté
Une toile commence toujours par une couche que je vais recouvrir. Je pose un fond large, souvent clair, dont je sais qu'il ne sera plus visible. Puis viennent les dépôts : des couches d'huile chargée de pigments secs, appliquées à plat, qui enterrent la précédente.
Quand l'empilement est assez épais, je ponce. C'est là que le tableau se décide. Le ponçage rouvre des couches anciennes de manière imprévisible : ce qui reste visible à la fin n'a pas été peint en dernier, c'est ce qui a résisté.
Cette méthode m'intéresse parce qu'elle reproduit exactement ce que fait un terrain. Un sol n'affiche pas son histoire dans l'ordre où elle s'est produite : il montre ce que l'érosion a bien voulu laisser paraître.
Les trois séries en cours appliquent le même geste à trois terrains distincts.
Strates part de carottages géologiques : des empilements réguliers, lisibles, presque didactiques, où chaque couche occupe la place que le temps lui a donnée.
Lit de rivière travaille l'inverse — un dépôt qui ne tient pas. Les couches y sont brouillées, remises en suspension, redéposées ailleurs.
Brûlis, commencée en 2025, s'intéresse au moment où un terrain repart. Le noir y domine, mais il est toujours traversé quelque part par une bande claire : la cendre est un engrais.
« Je ne cherche pas à représenter un sol. Je cherche à en fabriquer un. »
Parcours
Formation
- 2014DNSEP, École supérieure d'art de Besançon
- 2012Échange, Kunsthochschule Kassel (Allemagne)
- 2011DNAP, École supérieure d'art de Besançon
Résidences
- 2025Résidence de la Vallée du Doubs, Villers-le-Lac
- 2022Atelier des Carrières, Saint-Nabord
- 2019Résidence Terres Hautes, Massif du Jura
Collections
- 2025FRAC Franche-Comté, Besançon
- 2023Artothèque municipale de Belfort
- —Collections particulières, France et Suisse
Presse
- 2025« Le sol comme mémoire », revue Matières, n°38
- 2024« Cinq peintres de la matière », Est Républicain